Redrose Developments Ltd. Français

En tant que partenaire parmi six autres, Redrose Developments Ltd fait partie d’un projet ERASMUS : « Nourrir le monde en 2050 ». Ce projet inclut trois partenaires français, deux partenaires irlandais et un partenaire hollandais. Les élèves et étudiants impliqués viennent à la fois du premier et du second degré, ainsi que du niveau universitaire. Les partenaires se composent de deux écoles secondaires, une école primaire et une université technique. L’équipe inclut également un expert français en plancton, ainsi que Redrose, en tant que partenaire industriel.

Les objectifs du point de vue irlandais sont de réfléchir à comment les algues peuvent être utilisées en tant que source de protéine pour l’avenir. Quatorze élèves de TY (= « année de transition » => Seconde) pour l’année scolaire 2017-2018 ont récolté différentes variétés d’algues en étant guidés avec soin. Ils ont acquis les compétences nécessaires pour identifier les différentes variétés de légumes de mer comestibles et goûteux, et ont créé différentes recettes.

En Novembre 2017, un chef célèbre, Jo Shannon, a accueilli les élèves pour une soirée « concours culinaire », permettant aux élèves à la fois de remporter des prix alléchants, et de créer une variété de recettes saines, colorées et délicieuses.

Ce groupe a également accueilli et rendu visite à des élèves de Quimper en France. Ils ont aussi collaboré avec la collectivité locale, impliquant des personnalités politiques locales pour aider à faire la promotion du projet et de ses objectifs.

Une soirée au bowling avec les élèves suivi d’un dîner au « Gateway », et présentation du projet à la sénatrice Rose Conway-Walsh.

L’engagement au sein d’une communauté plus large au sujet du projet est l’un des objectifs clés, et les élèves de 2017-2018 étaient activement impliqués dans le programme « Explorateurs ». Ils sont allés dans les écoles nationales, ont parlé de leur expérience et ont aidé à élire le gagnant d’une compétition autour de l’océanographie.

Les élèves de TY de 2017-2018 ont laissé un héritage haut en couleurs et délicieux aux prochains élèves lors d’une soirée musicale de lancement, avec différents invités, pour une nouvelle année excitante, avec de nouvelles recettes et idées pour encourager les consommateurs à manger plus d’algues.

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Soupe d’algues             Mousse de goémon blanc        Scones d’algues                                 .

Les 14 élèves du groupe de 2018-2019 ont visité Leeuwaren aux Pays-Bas (Hollande) où ils ont été accueillis par des étudiants plus âgés, activement impliqués dans la culture de micro-algues et l’expérimentation de recettes qu’ils peuvent produire à leur échelle avec les moyens dont ils disposent à l’université.

Les élèves irlandais des deux années ont cherché des algues, identifiant une large variété de plantes comestibles, leur permettant ainsi de créer de nouvelles recettes à inclure dans un livre à paraître dans le cadre d’une contribution aux partenaires.

En reconnaissant les bénéfices sur la santé et le potentiel commercial des algues, les élèves ont également produit du savon en utilisant des algues. Les bénéfices naturels de plantes marines spécifiques tels que l’hydratation, particulièrement pour les peaux sensibles, avec beaucoup de consommateurs trouvant que les algues sont une excellente méthode pour réduire les traces d’affections cutanées telles que le psoriasis ou l’eczéma.

Les élèves étudiants l’aquaculture des algues, en suivant le format du « QQI Level 5 » (= Cadre Européen des Certifications niveau 5, => « Savoirs détaillés, spécialisés, factuels et théoriques dans un domaine de travail ou d’études, et conscience des limites de ces savoirs » source Wikipédia). Cela incluait de la recherche indépendante et de l’apprentissage mutuel entre pairs. Ce groupe très engagé va maintenant visiter un site qui cultive des algues, et voir la croissance de varech cultivé avec l’Institut Marin de Galway. Cette initiation au processus de culture en couveuse incluait des compétences issues du STIM (= Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) comme suit :

  • Science : Comprendre la science consistant à extraire et à développer les spores pour qu’ils adhèrent à un milieu approprié, pour évaluer la démarche de qualité.
  • Technologie : Transférer les graines sur un porteur pour pouvoir articuler l’utilisation de la technologie pour soutenir les objectifs du projet. Pour mesurer, peser, évaluer la qualité et la quantité et utiliser la technologie pour subvenir aux besoins requis.
  • Ingénierie : Pour pouvoir déterminer les éléments d’ingénierie nécessaires à la gestion physique des lignes de graines et pour la récolte. Pour maîtriser le poids et s’assurer de la protection de la qualité des plantes.
  • Mathématiques : Pour comprendre les volumes requis pour atteindre une récolte maximale et créer un modèle économique viable.

En pratique, le projet a été condensé à cause de l’emploi du temps scolaire, qui aurait exigé un type d’apprentissage plus avancé, poussant les élèves à travailler en petits groupes sous la pression du temps. Plus adapté à des étudiants d’université, les élèves de TY ont malgré tout répondu au sujet et aux attentes, et ont même dépassé les résultats attendus.

Comme l’accent sur l’engagement communautaire est l’une des priorité du projet, les élèves ont suivi une formation pour savoir utiliser de l’équipement de radio, dans le but d’être capable d’interroger des membres de la collectivité de façon professionnelle. Le groupe a estimé que changer les préjugés sur les algues était le plus grand défi à relever. En interrogeant des gens, les élèves ont compris que pour changer les opinions, la première étape serait de changer l’image que les gens ont des algues, et mettre en valeur l’apport potentiel de celles-ci. Avec l’aide du réalisateur international Richie O’Donnel, les élèves irlandais vont réaliser un court-métrage envisageant comment les opinions peuvent être mises à l’épreuve.

Rencontrer les personnalités locales influentes est aussi perçu comme un facteur clé de l’engagement communautaire.

Les élèves pris en photo avec la conseillère municipale Theresa Whelan.

La culture d’algues :

Comme le projet ERASMUS s’intéresse à « Nourrir le monde en 2050 », ainsi qu’à la quantité de protéine nécessaire à nourrir 9 milliards de personnes, si le plancton et les algues sont une option viable, il est évident que nous devons envisager de cultiver notre océan. La culture d’algues, à la fois micro (algue unicellulaire ; culture principalement terrestre), et macro (algues multicellulaires ; poussent en mer) devra être développée à grande échelle. Des fermes de micro-algues sont installées sur de nombreux continents et requièrent souvent des climats chauds et humides pour garantir une croissance saine ; bien que de nouveaux systèmes se développent pour permettre de les cultiver chez soi. Pour la production à grande échelle de micro-algues, l’Irlande, avec son climat frais et tempéré, est inadaptée à la production à grande échelle de micro-algues.

Plantation de micro-algues

Cependant,  les systèmes météorologiques en Irlande sur le territoire et au large favorisent la production et la croissance de varech brun (macro-algues) cultivé en mer sur des palangres. Les espèces variées pouvant être cultivées avec succès en utilisant cette technique augmentent et les usages se diversifient au-delà de l’alimentation pour répondre à des besoins médicinaux, cosmétiques et pour des usages en tant que bio-stimulants végétaux. Les valeurs nutritionnelles de ces plantes, qui peuvent être introduites dans nos régimes alimentaires sont nombreuses et variées (voir la page sur les valeurs nutritionnelles pour plus d’informations).

Varech cultivé sur palangre en mer.

En mars 2019, les étudiants de Leeuwarden ont visité l’Irlande et ont rejoint les élèves irlandais pour la fabrication d’un produit commercial : du savon aux algues ; puis ont participé à une compétition sur le même format que « Dans l’œil du dragon » (= ou Dragon’s Den, est une émission de télé-réalité dans laquelle des entrepreneurs viennent présenter de nouvelles idées et inventions à cinq multimillionnaires, les « dragons » dans le but de  les convaincre à investir dans leur projet – source Wikipédia).

L’innovation à l’œuvre – culture en photo-bioréacteurs plats  – Laminaire sucrée

Pendant la visite, avec les premier essais des étudiants néerlandais dans la culture de deux types d’algues brunes, en utilisant un nouveau système de photo-bioréacteurs plats, pour la première fois testé en Irlande. Les résultats ont été positifs, avec quelques jeunes pousses de laminaires sucrées atteignant 42cm de long, prouvant ainsi leur potentiel commercial.

Une analyse de la laminaire sucrée a indiqué que les jeunes pousses avaient des niveaux de protéine plus élevés que ceux de plantes adultes récoltées en hiver ou au printemps.

Ci-dessous sont les résultats pour les protéines. J’ai utilisé un facteur de 4,17 pour convertir le pourcentage de nitrogène en pourcentage de protéine :

7,1616 janvier 2019 Plante adulte récoltée en hiver
9,0566  mars 2019 Plante adulte récoltée au printemps
13,2320 mars 2019 Plante cultivée, âgée de 5 semaines

Conclusion :

Alors que nous arrivons à la fin du projet, il y a beaucoup à envisager en termes de réussite. Les élèves vont mieux comprendre les effets d’une population croissante et le besoin de nourrir 9 milliards de personnes en maintenant des niveaux de protéines sains, sans pour autant surexploiter la terre ou utiliser des quantités trop élevées d’eau douce pour cultiver des plantes terrestres. La connaissance d’un monde et d’une structure écologique sous-marins qui sont la source de toute vie dans toute sa beauté et sa complexité, vus à la fois à travers les yeux des enfants et des adultes. La providence impressionnante que l’océan a à nous offrir et la responsabilité que chacun de nous a dans la protection de notre avenir. Chaque personne impliquée dans ce projet a accepté d’endosser la grande responsabilité d’informer une population plus large sur l’importance des algues dans toute leurs formes, et sur le rôle qu’elles ont joué par le passé et celui qu’elles vont jouer pour notre avenir.

Ce fut un privilège de travailler avec des professionnels dédiés qui, en plus de leur emploi principal, ont trouvé le temps, l’enthousiasme et l’engagement à travailler sur un projet d’une telle importance en dehors de leur heures de travail. Je voudrais remercier chaque partenaire, élève, étudiant et le mécanisme de financement de l’Union Européenne ERASMUS pour avoir rendu ce projet possible, et j’espère que le contenu et le résultat de  ce travail puisse être partagé largement et qu’il aidera le monde à se rendre compte du potentiel extraordinaire des algues pour NOURIR LE MONDE EN 2050.

© Traduit de l’anglais (Irlande) par Anaïs ALMANIE